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Les récréations,
pas toujours récréatives

Le bruit assourdissant des enfants, les conversations impossibles à suivre, les jeux dont on ne comprend pas la règle... les récréations peuvent être vécues comme un calvaire par les enfants sourds.

Les enfants sourds doivent faire preuve de beaucoup d'attention pour suivre les cours, ils font beaucoup d'efforts pour entendre et comprendre. Le temps de la récréation devrait leur permettre de se reposer, de se ressourcer. Mais ce n'est pas toujours le cas.

Dans la cour de récréation, le bruit, les cris, sont tels que les enfants sourds peuvent difficilement suivre une conversation, ou apprendre les règles d'un nouveau jeu. Le vacarme est bien plus insupportable pour eux que pour les enfants entendants.

Ils adoptent alors plusieurs stratégies :

. ils font répéter, mais cela agace vite leurs petits camarades (qui n'ont pas plus de patience que les adultes),

. ils devinent, ils font de la suppléance mentale et ils essaient coûte que coûte de s'intégrer dans les jeux, mais cela les fatigue autant que de comprendre les enseignements, et ils auraient bien besoin d'une pause.

. Parfois, ils se replient sur eux-mêmes, mais comme l'exprimait une jeune fille sourde « c'était accablant de tristesse de rester seule à la récré quand les autres enfants jouaient ou se parlaient ». De plus, cet isolement peut être mal interprété par les autres enfants qui y voient une forme de désintéressement.

. A l'inverse, ils peuvent être les meneurs et décider des règles : ce sont ces enfants sourds qui expliquent et les autres qui écoutent. Parfois aussi, ils font subir plutôt que de subir.

Il se passe une multitude d'événements pendant les récréations, auxquels les adultes ne prêtent pas beaucoup d'attention : les altercations, les relations qui se font et se défont, les structures sociales, les actes de violence ou de bravoure.

photo-Les récréations,<br /> pas toujours récréatives

Que soient des insultes, des confidences, des jeux (règles à connaître, équipes à former, discussion sur les modalités,...), tout est porté par le langage oral et le manque d'information exclut très vite un enfant.
Les récréations sont des temps importants dans la journée des enfants, ce sont des moments qui les construisent et qui les marquent.

Pendant les temps de récréation, l'élève sourd "ne range pas son handicap au vestiaire", et dans cet environnement bruyant, surmonter les difficultés liées à la surdité est un véritable défi.

Pour les aider, nous pouvons essayer de les comprendre, nous pouvons les aider à exprimer des frustrations et sensibiliser les autres enfants à leurs difficultés (sensibiliser les adultes également pour qui la surdité est invisible), nous pouvons expliquer des règles de jeux, nous pouvons leur ménager des temps d'échanges avec d'autres enfants dans des contextes calmes.


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Les spécificités d'un élève sourd

Un élève sourd (malentendant ou sourd profond) est un enfant et un élève avant tout. Il revient aux enseignants la tâche difficile de percevoir en lui l'enfant particulier et l'élève particulier, par delà l'écran de la surdité.

Il existe autant de surdités que d'enfants sourds. Nous ne pouvons donc que remercier les enseignants d'assumer la complexité du travail à laquelle les surdités les confrontent.

Pour contribuer à leur apporter une aide, nous proposons à leur attention quelques généralités qui ne seront pas toujours vérifiables en situation, du fait de la diversité des profils d'enfants sourds.

Un retard dans la maîtrise de la langue française

Très souvent, l'enfant sourd profond ou malentendant a commencé à recevoir des informations langagières avec plusieurs années de décalage par rapport aux enfants de son âge. Il ne faut pas perdre cela de vue, et il faut donc donner le temps à l'enfant sourd profond ou malentendant de rattraper son retard.
Nous ne devons pas oublier non plus que cet enfant va construire sa langue avec des lacunes, du fait de son handicap auditif toujours présent.

Un enfant sourd profond ou malentendant ne perçoit pas la langue orale ou il la perçoit déformée, et de façon parcellaire. Quand il a une récupération auditive suffisante, l'enfant sourd profond ou malentendant entend correctement certaines paroles mais il ne les comprend pas toujours. Il peut manquer de vocabulaire, ne pas reconnaître les mots dont la forme a changé (en conjugaison par exemple), être mis en difficulté par
une syntaxe de phrase qu'il n'a pas l'habitude de rencontrer : entendre ne signifie pas comprendre.

Malgré son handicap, un enfant sourd profond ou malentendant est capable de maîtriser la langue française, même si il n'a pas la même progression que les enfants entendants dans cet apprentissage. Peu à peu, en acquérant la langue française, il sera en mesure de mieux comprendre ce qu'il entend. Les premières années sont particulièrement difficiles.

photo-Les spécificités d'un élève sourd


Mieux il comprendra les messages oraux, plus il aura de facilité à comprendre ce qu'il lit. Au fil des ans, la lecture sera pour l'élève sourd, une aide précieuse et une source d'information fiable.


La maîtrise de la langue française, orale et écrite, est l'enjeu majeur pour un enfant sourd profond ou malentendant.

Certains enfants sourds (surdité moyenne ou surdité sévère) semblent ne pas avoir de retard de langue. Il est tout de même préconisé de rester vigilant, car le handicap est réel. Ces enfants sont privés d'une part des informations données, et ils ne reçoivent pas la même quantité de modèles linguistiques. Eux-mêmes, n'ont pas toujours conscience de ce qui leur fait défaut. Ces enfants peuvent faire « illusion », mais ils nécessitent une observation fine.

Ce qui peut être pris comme un manque d'attention, est souvent dû à leur réception d'un message flou et donc mal mémorisé.


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Accompagnement à la scolarisation

Organisation des "Pôles pour l'accompagnement à la scolarisation des jeunes sourds"
Circulaire de l'Education Nationale
N° 2010-068 du 28-5-2010.
Les lecteurs de ce texte sont invités à nous faire connaître leurs réactions.

http://www.education.gouv.fr/cid52184/mene1013746c.html

Extrait :
"Dans l'éducation et le parcours scolaire des jeunes sourds, l'article L. 112-3 du code de l'Éducation pose le principe de la liberté de choix entre une communication bilingue (langue des signes et langue française) et une communication en langue française. Les conditions d'exercice de ce choix ont été fixées par le décret n° 2006-503 du 3 mai 2006, relatif à l'éducation et au parcours scolaire des jeunes sourds, repris aux articles R. 351-21 à R. 351-25 du code de l'Éducation.

photo-Accompagnement à la scolarisation

Une mère patiente et résolue

Fanny, comme la plupart des parents d'enfants sourds ne connaissait pas la surdité.
Mais lorsque le diagnostic a été posé, elle s'est très vite investie pour aider son petit garçon à parler et à comprendre.
De même, elle a toujours cru aux capacités de son fils pour son intégration scolaire. Elle nous livre son témoignage.

« Mon fils a commencé sa scolarité dans un centre spécialisé les deux premières années de maternelle. Il n'est pas sourd profond, il a une surdité sévère et il entend beaucoup de choses avec ses appareils.

Quand nous avons déménagé, il n'y avait pas de structure spécialisée près de chez nous, alors Cyril est allé à l'école du village. Heureusement, une orthophoniste de ville a accepté de le suivre, elle s'était déjà occupée d'un enfant sourd.

Un mois après la rentrée scolaire, l'institutrice nous a convoqués pour nous dire que Cyril avait un gros retard de langage. Nous lui avons dit que nous en étions conscients, mais qu'il rattraperait son retard au fil des ans. Quand nous lui avons montré tout ce que nous faisions avec lui (le cahier de vie, les jeux de chiffres et de lettres, les petites histoires qu'il comprenait bien...), elle était un peu rassurée.

Nous lui avons dit aussi que Cyril avait 3 heures d'orthophonie par semaine et que nous avions demandé la mise en place d'un PPS pour son intégration. Elle était soulagée et un peu émue.
Je crois qu'elle pensait que notre fils avait un retard mental et que nous refusions de le voir.

photo-Une mère patiente et résolue


Par la suite, l'orthophoniste est venue la rencontrer, elle lui a expliqué beaucoup de choses sur la surdité et comment s'adapter à ce handicap.

Cyril a fait d'énormes progrès en langage durant cette année de grande section de maternelle. La maîtresse portait le micro HF, et elle nous a souvent donné des conseils pour qu'il travaille un peu à la maison.

Mon fils n'a pas encore comblé son retard de langage mais il commence à lire quelques syllabes et à connaître de petites comptines, il est prêt pour le CP. »


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L'apprentissage de la lecture

Lire dans une langue suppose de connaître déjà cette langue : on ne peut reconnaître un mot que si on le connait déjà. C'est un prérequis à l'apprentissage de la lecture.

Quand il ne maitrise pas bien la langue orale, un enfant a des difficultés pour apprendre à lire. Pourtant, c'est aussi en s'entraînant à lire qu'il renforce ses acquisitions langagières.

L'apprentissage de la lecture doit se traduire par une pratique régulière et intensive.

Pour qu'un enfant apprenne à lire, il doit être capable de faire des catégories de lettres ou de signes : reconnaître un 'a', qu'il soit écrit en minuscule ou en majuscule, reconnaître un point à la fin des phrases,... Il doit aussi être capable d'associer les lettres pour qu'elles forment des syllabes : 'b' + 'a', donne le son « ba ».
D'ailleurs, même lorsque nous sommes des lecteurs experts, nous continuons (bien plus rapidement, sans même y penser) à faire cette reconnaissance de lettres et de sons.

La méthode Borel-Maisonny entraîne un enfant à la lecture des syllabes isolées, puis aux enchaînements de ces syllabes. Elle lui permet aussi de bien distinguer les sons associés à ces lettres*.
Cette lecture des lettres et des sons se nomme le déchiffrage. Elle n'est pas forcément associée à du sens : un enfant peut lire un texte sans le comprendre.

Comprendre ce qu'on lit, implique que l'on reconnaisse les mots, à la fois dans leur graphie (suite de lettres) mais aussi dans leur sens (ce mot a déjà été employé dans la vie et on sait ce qu'il signifie).

Il est donc important que l'enfant ait un intérêt pour ce qu'il lit, car la motivation à apprendre à lire rend l'apprentissage plus efficace.
Certains parents entraînent leurs enfants à lire avec de petites suites d'images - dont il faut retrouver l'ordre - auxquelles correspondent de courtes phrases.
Pour chacune de ces phrases, il y a une action ou une notion et quand il en a compris le sens, l'enfant se fait une représentation mentale de ce qu'il parvient à déchiffrer à l'écrit.
C'est un très bon exercice pour aider un enfant à progresser et à s'intéresser à ce qu'il lit.

photo-L'apprentissage de la lecture


L'ordre des mots dans la phrase nous donne aussi beaucoup d'indications, il s'agit de la syntaxe. Il est difficile d'apprendre la syntaxe, il faut surtout s'en imprégner.
Les enfants entendants sont imprégnés par cette syntaxe qu'ils ont entendue depuis la naissance.
Pour les enfants sourds, elle n'est pas évidente, mais elle peut s'apprendre, entre autre par des exercices répétés :
des modèles de phrases servent à faire d'autres phrases, des modèles de phrases peuvent se combiner pour former d'autres modèles de phrases.
Apprendre par coeur des phrases ou des petits textes est aussi un bon exercice pour que les enfants sourds s'approprient la syntaxe française.

Dans tous les cas, l'apprentissage de la lecture se réalise avec beaucoup de pratique, un enfant sourd doit s'entraîner à lire tous les jours pour que s'installent les automatismes et que le sens éclaire son déchiffrage.



*La méthode Borel-Maisonny a été conçue pour les enfants dyslexiques, elle est pratiquée avec un code gestuel qui distingue chaque son de la langue française. Elle est souvent utilisée par les orthophonistes avec les enfants sourds lors de l'apprentissage de la lecture.


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Comment exercer
la mémoire auditive ?

Chez l'enfant sourd c'est essentiellement la mémoire auditive qui est déficiente et souvent remplacée par d'autres mémoires : visuelle, olfactive, kinesthésique, etc.

Pour qu'un enfant sourd oraliste puisse acquérir durablement le langage, la prosodie et la syntaxe, éléments indispensables pour être bien compris des entendants, il faut que les parents (nous disons bien « les parents » et non pas les orthophonistes) fassent régulièrement des exercices pour fortifier et développer cette mémoire auditive qui n'a pas été mobilisée in utero.

Nous avons trouvé dans un jeu de séquences vendu chez « Mot à Mot » (www.mot-a-mot.com) des séries de six images racontant une petite histoire drôle, un exercice facile à faire et très ludique.

D'abord, l'enfant doit reconstituer l'historiette en plaçant les images dans le bon ordre, ensuite on lui demande de « raconter » chaque image et on s'entend avec lui sur un texte simple combinant l'ordre canonique de la phrase. Dans l'exemple ci-dessus, l'enfant nous a dit « Léa et Lars prennent des fleurs », que nous avons légèrement modifié afin de l'enrichir : « Léa et Lars cueillent des fleurs dans le jardin ». Il est conseillé de ne pas trop s'écarter de l'énoncé proposé par l'enfant afin qu'il « reconnaisse » la phrase qu'il nous a proposée initialement.

On écrit ensuite la phrase et on la fait lire à l'enfant.
On cache ensuite la phrase et on la lui fait répéter de mémoire. Chaque fois qu'il se trompera on lui dira « c'est bien, mais il manque quelque chose », puis on lui répétera la phrase lentement, sans la lui faire lire, jusqu'à qu'il puisse la répéter de mémoire, utilisant pour cela, exclusivement sa mémoire auditive.

photo-Comment exercer<br /> la mémoire auditive ?


On lui fait alors découper la phrase en mots, avec des ciseaux.
Puis on mélange les mots et on lui demande de reconstituer la phrase.
Pour cette dernière étape, il faut être patient... s'il se trompe, faites-lui lire ce qu'il a reconstitué et voyez s'il peut s'auto-corriger.

S'il ne retrouve pas tout de suite la bonne phrase, vous la dites à haute voix, le faites répéter, puis lui demandez de corriger la sienne.
Très vite les enfants se prennent au jeu et proposent des phrases d'une syntaxe impeccable avec un vocabulaire étendu.

Souvent, d'ailleurs, ils inventeront des conséquences inattendues aux historiettes proposées!


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