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L'apprentissage de la lecture

Lire dans une langue suppose de connaître déjà cette langue : on ne peut reconnaître un mot que si on le connait déjà. C'est un prérequis à l'apprentissage de la lecture.

Quand il ne maitrise pas bien la langue orale, un enfant a des difficultés pour apprendre à lire. Pourtant, c'est aussi en s'entraînant à lire qu'il renforce ses acquisitions langagières.

L'apprentissage de la lecture doit se traduire par une pratique régulière et intensive.

Pour qu'un enfant apprenne à lire, il doit être capable de faire des catégories de lettres ou de signes : reconnaître un 'a', qu'il soit écrit en minuscule ou en majuscule, reconnaître un point à la fin des phrases,... Il doit aussi être capable d'associer les lettres pour qu'elles forment des syllabes : 'b' + 'a', donne le son « ba ».
D'ailleurs, même lorsque nous sommes des lecteurs experts, nous continuons (bien plus rapidement, sans même y penser) à faire cette reconnaissance de lettres et de sons.

La méthode Borel-Maisonny entraîne un enfant à la lecture des syllabes isolées, puis aux enchaînements de ces syllabes. Elle lui permet aussi de bien distinguer les sons associés à ces lettres*.
Cette lecture des lettres et des sons se nomme le déchiffrage. Elle n'est pas forcément associée à du sens : un enfant peut lire un texte sans le comprendre.

Comprendre ce qu'on lit, implique que l'on reconnaisse les mots, à la fois dans leur graphie (suite de lettres) mais aussi dans leur sens (ce mot a déjà été employé dans la vie et on sait ce qu'il signifie).

Il est donc important que l'enfant ait un intérêt pour ce qu'il lit, car la motivation à apprendre à lire rend l'apprentissage plus efficace.
Certains parents entraînent leurs enfants à lire avec de petites suites d'images - dont il faut retrouver l'ordre - auxquelles correspondent de courtes phrases.
Pour chacune de ces phrases, il y a une action ou une notion et quand il en a compris le sens, l'enfant se fait une représentation mentale de ce qu'il parvient à déchiffrer à l'écrit.
C'est un très bon exercice pour aider un enfant à progresser et à s'intéresser à ce qu'il lit.

photo-L'apprentissage de la lecture


L'ordre des mots dans la phrase nous donne aussi beaucoup d'indications, il s'agit de la syntaxe. Il est difficile d'apprendre la syntaxe, il faut surtout s'en imprégner.
Les enfants entendants sont imprégnés par cette syntaxe qu'ils ont entendue depuis la naissance.
Pour les enfants sourds, elle n'est pas évidente, mais elle peut s'apprendre, entre autre par des exercices répétés :
des modèles de phrases servent à faire d'autres phrases, des modèles de phrases peuvent se combiner pour former d'autres modèles de phrases.
Apprendre par coeur des phrases ou des petits textes est aussi un bon exercice pour que les enfants sourds s'approprient la syntaxe française.

Dans tous les cas, l'apprentissage de la lecture se réalise avec beaucoup de pratique, un enfant sourd doit s'entraîner à lire tous les jours pour que s'installent les automatismes et que le sens éclaire son déchiffrage.



*La méthode Borel-Maisonny a été conçue pour les enfants dyslexiques, elle est pratiquée avec un code gestuel qui distingue chaque son de la langue française. Elle est souvent utilisée par les orthophonistes avec les enfants sourds lors de l'apprentissage de la lecture.


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Comment exercer
la mémoire auditive ?

Chez l'enfant sourd c'est essentiellement la mémoire auditive qui est déficiente et souvent remplacée par d'autres mémoires : visuelle, olfactive, kinesthésique, etc.

Pour qu'un enfant sourd oraliste puisse acquérir durablement le langage, la prosodie et la syntaxe, éléments indispensables pour être bien compris des entendants, il faut que les parents (nous disons bien « les parents » et non pas les orthophonistes) fassent régulièrement des exercices pour fortifier et développer cette mémoire auditive qui n'a pas été mobilisée in utero.

Nous avons trouvé dans un jeu de séquences vendu chez « Mot à Mot » (www.mot-a-mot.com) des séries de six images racontant une petite histoire drôle, un exercice facile à faire et très ludique.

D'abord, l'enfant doit reconstituer l'historiette en plaçant les images dans le bon ordre, ensuite on lui demande de « raconter » chaque image et on s'entend avec lui sur un texte simple combinant l'ordre canonique de la phrase. Dans l'exemple ci-dessus, l'enfant nous a dit « Léa et Lars prennent des fleurs », que nous avons légèrement modifié afin de l'enrichir : « Léa et Lars cueillent des fleurs dans le jardin ». Il est conseillé de ne pas trop s'écarter de l'énoncé proposé par l'enfant afin qu'il « reconnaisse » la phrase qu'il nous a proposée initialement.

On écrit ensuite la phrase et on la fait lire à l'enfant.
On cache ensuite la phrase et on la lui fait répéter de mémoire. Chaque fois qu'il se trompera on lui dira « c'est bien, mais il manque quelque chose », puis on lui répétera la phrase lentement, sans la lui faire lire, jusqu'à qu'il puisse la répéter de mémoire, utilisant pour cela, exclusivement sa mémoire auditive.

photo-Comment exercer<br /> la mémoire auditive ?


On lui fait alors découper la phrase en mots, avec des ciseaux.
Puis on mélange les mots et on lui demande de reconstituer la phrase.
Pour cette dernière étape, il faut être patient... s'il se trompe, faites-lui lire ce qu'il a reconstitué et voyez s'il peut s'auto-corriger.

S'il ne retrouve pas tout de suite la bonne phrase, vous la dites à haute voix, le faites répéter, puis lui demandez de corriger la sienne.
Très vite les enfants se prennent au jeu et proposent des phrases d'une syntaxe impeccable avec un vocabulaire étendu.

Souvent, d'ailleurs, ils inventeront des conséquences inattendues aux historiettes proposées!


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