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portrait de Lou

La célébration d'Aimé Césaire

Lou, 12 ans, sourde profonde, représentait les élèves de son collège lors de l'hommage au poète, elle nous raconte cet événement.

Je m'appelle Lou et je suis arrivée en 6ème au collège "Aimé Césaire". On m'avait expliqué qu'Aimé Césaire était un écrivain, un poète et un homme politique. Mais je ne connaissais rien de lui.
Cette année, en 5ème j'ai été « élue » avec 4 autres élèves pour lui rendre hommage et j'étais contente d'aller au Panthéon pour cette cérémonie.

Le jour du 6 avril 2011, il faisait un soleil splendide. En arrivant au Panthéon, il y avait beaucoup de policiers et j'étais surprise par la grandeur de l'édifice. Les gardes républicains devaient avoir très chaud avec leurs casques. Mais quand nous sommes entrés dans le temple, il faisait froid, alors on nous a donné des chaufferettes pour les mains, et un livre sur le poète.

Il y avait beaucoup de monde, près de 1000 invités dont Ségolène Royal, François Fillon, des maires et la famille d'Aimé Césaire. La cérémonie a commencé, nous devions nous tenir droits pour accueillir le Président de la République. A chaque fois qu'une personne prenait la parole, cela résonnait sous la coupole.

Des acteurs lisaient des poèmes et des extraits de pièce, autour d'une immense photo sur le sol. Les poèmes parlaient des noirs, qu'Aimé Césaire nommait les « nègres », ils parlaient des hommes qui luttaient pour leur liberté. Des vidéos étaient projetées à différents angles du Panthéon, pour que le public puisse tout voir. Dans son discours, le Président Nicolas Sarkozy parla de la vie d'Aimé Césaire, de ses paroles et de ses rencontres.

La cérémonie dura longtemps et je ne comprenais pas tout, des mots me manquaient. Le Président retourna vers sa chaise, puis il se rendit à la crypte avec le fils d'Aimé Césaire, Jacques Césaire. Nous ne pouvions pas les suivre dans la crypte, mais nous pouvions les suivre sur les grandes projections vidéos, et je trouvais l'architecture magnifique. Dans la crypte, il y avait une grande plaque dorée en l'honneur d'Aimé Césaire. Pendant ce temps, face au public, un musicien jouait de la flûte Ney, une flûte en bambou, c'était magique. La Principale de mon collège, son adjointe et le professeur qui nous accompagnaient, avaient l'air détendus.

photo-La célébration d'Aimé Césaire


Après être remonté de la crypte, le Président sortit du Panthéon, mais nous, nous avons dû attendre pour sortir. Le soir, aux infos, j'ai vu qu'il avait serré les mains du public à l'extérieur, et que ses gardes du corps avaient l'air inquiets. Les gardes républicains étaient toujours immobiles sur les escaliers du Panthéon. Puis le Président est retourné vers sa voiture noire au drapeau français et il est parti.

En sortant, nous avons été interviewés par une radio et j'ai dit que les poèmes étaient beaux avec la résonance du Panthéon et que je connaissais un peu mieux Aimé Césaire maintenant.

Je pense qu'Aimé Césaire est un homme important, qui pensait aux personnes en difficulté. Il restait lui-même, il disait de bonnes paroles, comme par exemple : « Chez moi, en Martinique, les volcans ont craché, ont vomi leur colère, et nous devons être dignes de cette colère ». Les poèmes d'Aimé Césaire sont impressionnants, ils nous laissent chercher le sens des mots. Derrière sa gaîté, il disait des choses sombres sur l'histoire des peuples. Aimé Césaire était un savant courageux, il prenait des risques pour les autres.


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